choisir - choose

retour aux articles

retour à Devotional Era

Devotional Era

Mode in the USA

Reportage par Christophe Basterra | Rock & Folk | 1994 | 21840 caractères. Temps de lecture : 16 min 23 sec

Aéroport de Roissy, le 12 octobre 1993, 16 h 20. Une barbe de quelques jours, mon pull froissé et mon bermuda suffisent pour éveiller la suspicion d'une "douanière" à l' oeil torve.

"Vous venez d'où ?"

Houston, USA...

"Et vous faisiez quoi là-bas ?"

Je suivais un groupe, pour mon travail...

"Ah bon, vous faites quoi ?"

Journaliste.. .

"Oh, pour quel journal écrivez-vous ?"

Rock&Folk.

"Connais pas. .. Et il s'agissait de quel groupe ?"

Depeche Mode.

"Bien, ouvrez votre sac..."

J'en étais persuadé. Il fallait que le voyage se termine ainsi... Il fallait une fausse note pour ponctuer un périple impec. Pourtant, la mission proposée n'était certes pas de tout repos. Suivre à la trace Depeche Mode. Le genre de groupe que l'on adore ou que l'on exècre, pour lequel le juste milieu n'existe pas.

Au début des années 80, journalistes et rockers bon teint - doux pléonasme ? - préfèrent passer leur temps à trouver des jeux de mots crétins plutôt que de prêter une oreille à leurs 45 tours pop bien troussés. Le groupe s'en fiche éperdument. En Angleterre, il aligne hit sur hit puis se lance, sans coup férir, à la conquête du continent. Mais il excelle, avant tout, sur le format singles. En 87, Depeche, comme les appellent affectueusement leurs fans, se décide à passer la vitesse supérieure et lance Music For The Masses, collection de joyaux électroniques ornés d'un hymne imparable en ouverture, Never Let Me Down Again. Un son ample et métallique. Le public européen répond une nouvelle fois massivement présent et les Etats-Unis se laissent emporter par le tourbillon. Définitivement. Violator ouvre la nouvelle décennie de la plus belle façon qui soit: neuf morceaux mélancoliques dont trois tubes imparables avec, en point d'orgue, un Enjoy The Silence touché par la grâce. Résultat: le groupe affole les compteurs, écoule près de six millions d'albums de par le monde et préfère prendre un peu de recul. Il faut donc patienter jusqu'au début de cette année pour la suite de l'aventure. Malgré sa différence - guitares plus présentes, coloration gospel- Songs Of Faith And Devotion est indissociable de ses deux prédécesseurs. Ces albums semblent d'ailleurs constituer un voyage en trois étapes, une sorte de triptyque. Ainsi, Songs Of Faith And Devotion pourrait bien marquer la fin d'une époque. Ouverture vers de nouveaux horizons musicaux et changement d'image pour Dave Gahan. Et si 93 débute avec Depeche Mode, elle s'achève également avec eux: sortie d'une vidéo et réalisation d'un projet aussi inédit que surprenant, une version live de Songs Of Faith And Devotion, avec pochette dans le même esprit et ordre identique des chansons. Soit autant de raisons pour aller tâter le pouls du groupe dans l'un des pays où ils comptent parmi leurs plus fidèles Devotees et où, pour la première fois, leur LP est rentré directement en tête des charts. Cinq jours et trois concerts pour mesurer l'ampleur d'un phénomène, épier et analyser, accompagné de Bruno Rossignol, Monsieur Mute France et ami personnel des quatre Anglais depuis près de dix ans, afin de faciliter mon intégration au sein de l'équipe Depeche Mode. Attachez vos ceintures, éteignez vos cigarettes...

BOURBON STREET

New Orleans, jeudi 7 octobre. Après une journée passée sous l'emprise de l'air climatisé des avions et aéroports, la chaleur moite qui règne en Louisiane me fait l'effet d'un sauna à ciel ouvert. En ce début de soirée, la température doit facilement avoisiner les 35 degrés. Le taxi file tranquillement vers le Windsor Court Hotel, palace somptueux situé à deux pas du quartier français. Le groupe est déjà sorti pour dîner, gracieusement invité par Sony, label du The The de Matt Johnson qui assure la première partie sur toute la tournée US. Après tout, ce n'est peut-être pas plus mal. Les présentations auront lieu demain. Epuisé par le voyage, marqué par le décalage horaire, je file droit au lit à la recherche d'un sommeil forcément réparateur.

La presse locale du vendredi est encore omnubilée par la retraite. anticipée de Michael "Flying Air" Jordan. A la rubrique spectacles, une photo des Depeche qui doit bien dater d'il y a trois ans et quelques lignes annoncent le concert du soir, évidemment sold out. J'ai juste le temps de déambuler le long de Bourbon Street, où les maisons rappellent plus un village du sud de la France qu'une ville américaine, d'avaler un crabe farci et d'investir dans le fameux bermuda avant de retrouver Margaret dans le hall du Windsor. Pour beaucoup d'entre vous, cette jeune fille n'est pas une inconnue: dans la vidéo "101", c'est l'une des fans qui suit le groupe... Et après avoir trouvé un poste chez Mute America, elle est aujourd'hui attachée de presse pour les tournées! Dans le taxi qui traverse les quartiers résidentiels en direction du campus universitaire, elle m'explique que New Orleans est, sans conteste, l'un des fiefs de Depeche Mode aux Etats-Unis. Les 8.500 places se sont arrachées en un rien de temps. Elle me précise aussi que c'est l'une des rares salles de la tournée où les spectateurs de la "fosse" ne seront point assis. Il est à peine 16 heures et déjà un bon millier de fans attend. Un public avant tout féminin, jeune, rangé calmement en file indienne, dégustant, comme à la télé, coca et bières light. Quelques tenues osées, mini-shorts et soutien-gorge en dentelle, côtoient dans la bonne humeur les T-shirts de l'époque "Violator". La sono d'une radio locale crache un vieux morceau de Big Country et le soleil tape de plus belle. De l'extérieur, la salle ressemble à un immense silo. A l'intérieur, c'est une véritable fourmilière. Alors que Margaret s'occupe de mon backstage pass, les roadies s'affairent pour les derniers préparatifs. L'équipe Depeche Mode représente presque une micro-société: du tour manager aux chauffeurs, les membres de DM compris, ils sont près de soixante-quinze à arpenter les routes et les cieux de la planète. Huit vans pour tout transporter, trois bus et un avion privé pour conduire le groupe et son proche entourage. Pour la première tournée européenne en 82, nous avions un petit camion et nous étions trois à les accompagner! me confiera en souriant Andy Franks, qui travaille depuis douze ans avec eux et qui aujourd'hui supervise tout l'aspect technique des concerts. Et ce n'est pas une mince affaire. Le matériel utilisé est du genre dernier cri high-tech : la table de mixage ferait pâlir de jalousie les techniciens de la NASA, certaines lumières sont utilisées pour la toute première fois en public. A cela, vous rajoutez un "faux" piano qui peut tout aussi bien jouer le rôle d'un orchestre à cordes que produire des nappes romantiques, une batterie montée sur roulettes, deux caméras de ciné, des lecteurs vidéo-disques lasers et que sais-je encore. L'aspect visuel a été sans doute le plus difficile à mettre au point, m'avoue Andy. Il fallait que les images se marient parfaitement à la musique, qu'elles soient visibles par tous et éviter que les lumières ne leur fassent de l'ombre. Nous sommes allés au studio 4:1 à Londres où nous avons travaillé sur une maquette, une réplique fidèle. Cela nous a permis de régler plus vite certains problèmes et jusqu'à présent, tout a parfaitement bien fonctionné. De plus, nous avons ainsi pu montrer au groupe le projet d'Anton Corbijn. On connaissait le talent de ce dernier pour la photo, le design ou les vidéos, on ne le savait pas orfèvre en la matière pour mettre sur pied une scène des plus impressionnantes. Le groupe, qui lui voue une entière confiance, lui avait laissé carte blanche. Les deux niveaux, les huit écrans vidéos et les deux écrans films, les sculptures primitives qui rappellent la pochette de Songs Of Faith And Devotion, tout concourt pour donner cette impression d'immensité sans pour autant tomber dans l'emphase. Il faut huit heures pour tout monter, et trois pour tout ranger dans les semi-remorques, me précise Andy. Le plus difficile à croire, c'est qu'au terme de cette tournée, ce joyau ne servira plus à rien. Nous ne savons pas encore ce que nous allons enfaire, peutêtre organiser un immense feu de joie...

HURRICANE

Il est pratiquement 20 heures lorsque Martin Gore et Andrew Fletcher arrivent à la salle. Cinq minutes après, ils sont suivis d'Alan Wilder et Dave Gahan. Après six semaines de tournée, ils n'estiment plus nécessaire de procéder au traditionnel soundcheck. Les techniciens connaissent leur boulot sur le bout des ongles, la machine est on ne peut mieux rôdée. Ils sont visiblement heureux de retrouver Bruno qui se charge des présentations. Poignées de mains amicales et quelques mots pour me mettre à l'aise. Les quatre disparaissent ensuite dans leur loge respective pour enfiler leur tenue avant de rencontrer quelques fans chanceux, vainqueurs d'un quelconque concours. Photos souvenirs, autographes sur toutes les surfaces le permettant. Euh, oui, j'ai bien dit toutes. Ils gagnent ensuite la loge commune où les attendent baby-foot et victuailles, boissons et flippers. Martin en profite pour m'expliquer, non sans une pointe de fierté, qu'il est devenu imbattable au baby tandis que Dave confie à Bruno qu'il ne se sent pas au mieux actuellement, qu'il a quelques problèmes de voix. Sur scène, The The achève son set de quarante minutes sous les applaudissements de la salle. Le public a compris ici que première partie ne rime pas avec riquiqui d'autant plus que les Depeche se montrent cool avec le groupe de Matt Johnson: non seulement ces derniers bénéficient d'un son digne de ce nom mais, en plus, ils peuvent utiliser certaines lumières!

Rarement ai-je entendu une telle ovation à l'extinction des feux. Pourtant, une minute auparavant, tous ces jeunes gens semblaient si paisibles, attendant patiemment, sans jouer des coudes, ni distribuer de gnons à leurs voisins les plus proches. Les clameurs se mêlent au tonnerre qui annonce l'arrivée de DM sur scène. Aux premières notes de "Higher Love", les ombres des quatre se dessinent sur les rideaux et lorsque ceux -ci s'écartent pour laisser apparaître Gahan, puis Gore, Fletcher et Wilder, les 8.500 hystériques font plus de bruit que trois Bercy réunis. Je préfère donc me réfugier sagement à côté de la console. Les aveux de Dave d'avant-concert s'avèrent parfois exacts et même s'il donne tout ce qu'il a, il ne semble pas toujours très à l'aise. Il accueille avec plaisir la pause que lui offre Martin le temps de "Question Of Lust" et "One Caress". A quelques mètres de moi, Brett Anderson, Bernard Butler et Matt Osman de Suede peuvent, à leur guise, apprécier le chemin qui leur reste à parcourir... Ils doivent jouer demain soir à la New Orleans dans un club de... 800 places. Dave finit le concert sur les genoux, épuisé. Le groupe se fait attendre pour le rappel. Dave ne reviendra pas. Seuls Alan et Martin,rejoignent la scène pour livrer une impressionnante version de "Death's Door". Fin. Le public a compris que tout ne va pas pour le mieux et ne montre aucun signe de mécontentement.

Derrière, l'ambiance est tendue. Nous gagnons la grande loge où je tombe nez à nez sur Brett qui me reconnaît. Il m'avoue avoir été impressionné par le show et regrette qu'ils n'aient pas joué "Somebody". Martin, Andrew et Alan se joignent à nous et rassurent tout le monde quant à la santé de Dave. Je suis tranquillement en train de siroter un verre de vin blanc, quand une trentaine de personnes envahissent la pièce. Bruno m'explique alors que DM, après les concerts, laisse parfois entrer des spectateurs, en prenant garde d'éviter les fanatiques. Les heureux élus peuvent discuter comme bon leur semble avec le groupe, toujours très disponible. Quelques bouteilles plus tard, la sono diffuse des tubes house et deux jeunes filles, habile croisement de Siouxsie et Sue Ellen, se lancent dans un strip-tease bon enfant, bientôt rejointes par Gore qui, a priori, n'en rate jamais une. Vivas de l'assistance. Pour regagner l'hôtel, ce dernier nous invite à prendre place dans sa limousine. Pause de quelques minutes avant de repartir tambour battant vers Bourbon Street. Dans cette rue, qui paraissait si paisible le matin, se succèdent bars et boîtes surpeuplés où musiques et conversations se mêlent dans un brouhaha indescriptible. Martin tient à me faire découvrir l'une de ses boissons favorites, le Hurricane, qui, ma foi, porte bien son nom. Il m'explique que ces endroits ne sont rien en comparaison de ceux que l'on peut trouver à Houston parce que là-bas, tout est plus grand. «a promet. Trois verres plus tard, je ne vois qu'une seule issue. Mon lit. Eh non, je n'ai pas vu le Crossroads...

BLOODY MARY

Nous gagnons la capitale du Texas en début d'après-midi. Le Four Seasons Hotel est situé en plein downtown, centre des affaires et donc désespérément mort le week-end. Juste avant de gagner la salle, Bruno et moi apprenons que le concert du soir est reporté au lundi. En fait, les problèmes de Dave étaient plus sérieux que prévus et il a dû rester toute la nuit dans un hôpital de la New Orleans. Il doit prendre impérativement un jour de repos. Depuis sa première tournée anglaise en 81, Depeche Mode est donc contraint d'annuler le... quatrième gig de toute son histoire! Martin, rejoint depuis le matin par sa femme, sa petite fille et des amis américains, nous invite au restaurant japonais tandis que Andrew, accompagné entre autres par Samantha et Hildia, les deux choristes, opte pour le cinéma et qu'Alan s'enferme en studio depuis cet après-midi pour travailler sur les morceaux destinés au live. Au repas, la conversation passe de l'astrologie à la musique et Martin en profite pour nous glisser: En fait, je n'étais pas trop enthousiasmé par cet album en concert. Mais, les trois autres y tenaient vraiment. Or, nous fonctionnons comme une véritable démocratie... Et puis, finalement, le projet est plutôt original, je ne crois pas que cela ait été réalisé auparavant. Aussi, pourquoi pas. La soirée se finit au bar de l'hôtel où tout le monde se retrouve. Wilder semble satisfait de son travail et Gore explique à qui veut bien l'entendre les bienfaits du Bloody Mary. Mais chacun regagne tôt sa chambre car demain une rude journée s'annonce. En ce dimanche ensoleillé, Martin et sa petite famille convient ceux que cela tente à une virée au parc d'attractions. Si la première demi-heure se passe sans encombre, le petit blond ne tarde pas à être reconnu par quelques fans. Et puis, attention, des vrais, des motivés. S'il se prête sans problème à quelques séances photo et signe une dizaine d'autographes, il commence à être exaspéré lorsqu'il voit les copains rappliquer et me glisse: En général, cela ne me dérange pas. Mais je n'aime pas trop ça quand je suis en famille. Le garde du corps, jusqu'ici discret, intervient poliment mais fermement. Le groupe nous suit pendant un bon moment, certains viennent même m'accoster. Pourquoi moi? "Monsieur, dites-lui que nous venons spécialement du Mexique pour le concert. Nous avons fait huit heures de route! Vous pourriez pas nous avoir un petit autographe ?"... Hein, pourquoi moi? Ben, non, je ne peux pas. . . Alors que mes compagnons s'amusent à essayer toutes les montagnes russes possibles et imaginables, je préfère garder les deux pieds bien au sol: j'ai conscience de l'importance de ma mission et un accident est si vite arrivé...

CLAMEUR

Les deux concerts à Houston se joueront, eux aussi, à guichet fermé, les 25.000 tickets s'étant, ici aussi, vendus sans problème. Dans le mini van qui nous mène à la salle, l'ambiance n'est pas au beau fixe. Fletch fait remarquer à Martin son retard. Ce dernier s'en défend, assurant que le rendez-vous avait été fixé à 19h35. Backstage, l'équipe a, elle aussi, le masque. En fait, personne ne sait trop dans quel état se trouve Dave. Il arrive seul, le dernier. Il est un peu pâle, mais semble serein. Après The The, le public part chercher tacos et bières, peut, s'il le désire, louer une paire de jumelles et, surtout, se rue sur les stands de T-shirts, programmes et autres posters. Ginger, qui s'occupe du merchandising de Depeche depuis 82, m'affirmait quelques minutes auparavant: Nous avons la réputation de réaliser aux USA le score étonnant de 1/2, soit un T-shirt vendu pour deux spectateurs! Ceci dit, en moyenne, sur une tournée mondiale, nous écoulons quelques 2.000 articles en moyenne par soir... Rien que ça! A 21h05 précises, les lumières s'éteignent. Tout l'entourage du groupe retient son souffle. La foule se dresse comme un seul homme. Sur Higher Love et World ln My Eyes, on sent Dave encore hésitant. Il n'ose forcer sa voix. L'ovation qui salue l'intro de Policy Of Truth semble lui redonner une entière confiance. Dans les lumières rouges, il joue au crucifié tandis que Fletcher exhorte le public. Martin abandonne son synthé, saisit sa guitare demi-caisse et attaque Walking ln My Shoes par un glissendo rageur. Les projecteurs aveuglent le public. Gahan est transfiguré, renoue avec ses déhanchements aguicheurs. Il arpente la scène, tient l'espace à lui tout seul. Il vient faire de l'úil à la tribune de gauche. Il tend les bras vers celle de droite. Samantha et Hildia rejoignent le groupe pour Condemnation. Gore est accueilli par une clameur titanesque pour Judas, puis se lance dans un Death's Door très gospel, accompagné au piano par Wilder. A son retour, Dave est déchaîné. Il interprète les textes de Gore comme s'il les vivait. Ce soir, il est à la fois le pécheur et le confesseur. Alan vient s'installer à la batterie pour une version martiale de I Feel You. Les premières notes de Never Let Me Down Again me donnent, une fois encore, le frisson. Le concert s'achève sur ln Your Room, illustré par des images sado-maso. Ovation. Le groupe revient pour Personal Jesus, ce mariage inopiné d'un beat glam et d'un riff de John Lee Hooker, qui prend ici toute sa dimension. Puis, Enjoy The Silence donne un premier coup de grâce. Délire général. Les Américains sont en passe de péter les plombs. Tornade sur Houston. Le deuxième rappel se conclut sur l'inévitable Everything Counts et Dave laisse le soin au public, noyé par une lumière blanche, d'achever a capella le morceau. Tout le monde a retrouvé une mine radieuse et les discussions vont bon train. En fait, ce qui étonne le plus au sein de cette équipe, c'est la complicité qui y règne. Tous semblent appartenir à une même et grande famille. C'est peut-être là qu'il faut chercher l'une des raisons de leur succès. JD Fanger, qui a pris part à toutes les campagnes, travaille à plein temps pour eux depuis neuf ans et qui assure en tournée la coordination, sourit: Je ne sais pasÖ. La plupart des gens travaillent avec nous depuis plusieurs années et ceux qui arrivent sont vraiment surpris par l'ambiance qui règne, trouvent que l'atmosphère est différente... Mais, son succès, je crois que le groupe le doit surtout à l'attention qu'il porte à tout ce qui le concerne. Ainsi qu'à son indépendance: jamais il n'a eu de manager qui aurait pu le pousser dans telle ou telle direction... Et puis, tous ont la... foi! La soirée s'achève dans une boîte de Houston et l'on fête dignement le concert. Alan discute à bâtons rompus avec quelques fans, Fletcher s'amuse à pincer le nez des demoiselles tandis que Martin ne cesse de faire l'andouille avec un Matt Johnson moins cérébral qu'il n'y paraît.

Je passe le plus clair de mon lundi à prendre des notes et préparer mes affaires. Notre avion quittera Houston à minuit trente. Un peu maso, nous décidons tout de même d'aller assister à une partie du concert. Toute l'équipe est visiblement crevée mais heureuse. Nous devons quitter la salle sur l' intro de Never Let Me Down Again. Le bruit de nos pas dans le couloir ne couvre pas les paroles du refrain: We' re flying high, we're watching the world pass us by. Dave Gahan ne croit pas si bien dire. Il doit, à ce moment précis, leur rester plus d'un mois de tournée US. Puis, courant décembre, ce sera l'Angleterre avant quarante jours de repos bien mérité. Mais, dès février, toute la "famille" reprendra la route. Singapour, Hong Kong, Manille, Amérique du Sud, autant de contrées où Depeche Mode se produira pour la première fois. Never want to come down, never want to put my feet back down on the ground. Martin, Andrew, Alan et Dave n'ont vraiment aucun souci à se faire. J'ai même l'étrange impression qu'ils peuvent monter encore plus haut. Beaucoup plus haut.

de la même époque

Interview / Promotion

Depeche Mode Dernière

Télémoustique

Interview / Promotion

Mode et Travaux

Rock & Folk

Interview / Promotion

Stratégie Planétaire

Rock Sound

Reportage

Mode in the USA

Rock & Folk

Critique album

Songs Of Faith And Devotion : All Music Guide

All Music Guide

Critique album

Songs Of Faith And Devotion Live : All Music Guide

All Music Guide

Critique single

Condemnation : All Music Guide

All Music Guide

Critique single

I Feel You : All Music Guide

All Music Guide

Critique single

In Your Room : All Music Guide

All Music Guide

Interview / Promotion

Depeche Mode Dernière

Télémoustique

Reportage

Concert de Liévin

La Voix Du Nord

Reportage

Concert de Liévin (2)

La voix du nord

Reportage

Concert de Liévin (3)

La voix du nord

Document

I'm Hanging On By My Teeth

Melody Maker

Document

DAVE GAHAN SLASHES WRISTS IN L.A.

NME

Document

Jesus!

Vox

Document

Penance Extra

NME

Interview / Promotion

Tattoo Unlimited

NME

Document

Pomp Will Eat Itself

NME

Interview / Promotion

Good Violations

NME

Interview / Promotion

What Can You Do With A Raging Hanover?

NME

Document

I Never Wanted To Destroy Depeche Mode

Melody Maker

Interview / Promotion

Interview: Daniel Miller

Independent Catalogue

Interview / Promotion

In The Mode

Details

Interview / Promotion

Mode Squad

Creem

Document

That'll Be The Deity

NME

Interview / Promotion

Ich Bin-Liner Berliner

NME

Interview / Promotion

Devout Moded

Vox

Interview / Promotion

Modus Operandi

Sound On Sound

Document

Reign In Spain

Time Out

Document

Dark Forces In The Limelight

The Times

Document

The Life And Loves Of Depeche Mode

I-D

Document

Mope Now, Party Later

Musician

Document

Pop Singer Arrested

The Guardian

Document

Depeche Star Drugs Drama

The Daily Mirror