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Devotional Era

Mode et Travaux

Interview / Promotion par Jérôme Soligny | Rock & Folk | 1993 | 20944 caractères. Temps de lecture : 15 min 43 sec

Hein?...Quoi? des toasts? Euh oui s'il vous plaît. Je viens à peine d'arriver à l'aéroport de Gatwick, et je sens bien que cette nana me prend déjà pour un dingue, ou pour un Français, ce qui doit, somme toute, être assez simillaire à ses yeux nimbés de turquoise violacé. Faut dire que je me suis levé moyen faible ce matin et que les mimiques de serveuse de cette Lady Di de cafétéria m'exaspéreraient plutôt. Les semaines précédentes avaient été ardues. Ma cassette du nouveau Bowie soufflait la mort, "on" (j'ai rien dit, chef!) ne voulait pas m'envoyer voir Mc Cartney, et j'avais appris que Michel Berger était rock... Too much. Sans déc' .L'enclume sur la tronche. Bande-annonce en Blues Brothers (?) et hommage à Sting (?! ... ?), je me suis finalement pris les Victoires de la Musique (française) par là-dessus, et j'ai effectivement vu des gens gagner des trucs, mais pas entendu beaucoup de musique... Enfin bref, j'ai pris du plaisir à écouter l'ex-leader de Police (ce nom m'énerve, boudiou que ce nom m'énerve), et c'est tout de même une première! Petit déj' à Gatwick donc, avant d'aller interviewer, accrochez-vous à la rampe, j'enlève l'escalier, tin-tin-tin! Depeche Mode. Enfin, Depeche Mode. Pourquoi moi? Je l'ai déjà faite, celle-là. Sans succès. C'est moi, because PRL est parti faire le fanfaron ailleurs et qu' il laisse son pote dans la crotte (quand je pense à tous les cafés que je lui ai payés au "Bistrot"). C'est moi, car je crie sur tous les toi j'aime bien les Anglais, et que des Pet Shop Boys à Rod Stewart, les Anglais, c'est pour ma pomme, de gré ou de force. Va voir Depeche Mode et dépêche-toi ! avait tonné la voix caverneuse et bretonnante du rédac' chef. Vas-y et rentre vite! avait renchéri le blond rédac'chef adjoint. C'était fortiche. Et cette lâcheté m'avait scié.

See You

(Hips) C'est vous, les (hips) journalistes? (Hips) C'est moi, les Depeche (hips) Mode! Yarf,yarf...

Yarf. Lui, c'est Gore. Martin pour les intimes, La simple inhalation du fumet qui émane de son, périmètre laisse à penser que ce Gore la est en train de se concocter une méchante cuite avec rots revanchards et dégueulerie intense au bout du voyage. Erreur. Il n' est pas en train de se bourrer la gueule: il n'a pas dessaoulé depuis hier. Il
en vient et il y retoume. Right. L'image que l'on pourrait se faire du groupe vient d'en prendre pour son grade. On va peut-être finalement rigoler. Faut dire que deux heures auparavant, chez Mute, je commencais à me poser de vieilles questions, à l'écoute du nouvel album au titre bigrement évocateur: Songs Of Faith And Devotion. Rien que ça. Au fil des années, l'ex-groupe de Vince Clarke a plus ou moins délaissé la synth pop guillerette des New Life, Just Can't Get Enough et autre See You, pour une musique intentionnellement plus dense, au curieux message sentimentalo-politico-religieux, lourd de sens et de conséquences (cf. Violator, l'album précédent, improbable génèse et véritable catharsis). L'idée que les kids du monde entier remplissent des stades pour reprendre en chúur Black Celebration ou Blasphemous Rumours, sans comprendre, dans la plupart des cas, un traître mot aux paroles, pourrait prêter à sourire, mais les faits sont là: un million deux cent mille spectateurs lors de la dernière toumée, des disques vendus par wagons entiers, et une respectabilité en béton, façonnée à la force du poignet par un des derniers labels indépendants anglais, font indiscutablement de Depeche Mode un groupe majeur. Ce dernier aspect est d'ailleurs primordial. Daniel Miller, boss visionnaire de Mute, a très vite choisi de travailler avec ses artistes, plutôt que pour. Ou contre, comme certains. Même leurs détracteurs les plus tenaces doivent s'accorder à le reconnaître: les Depeche Mode ont toujours drivé leur histoire de façon sérieuse et pour le moins concernée. Pas de contrat entre eux et Mute, selon la légende, mais un investissement personnel et financier à chaque album, et ce, depuis le début: l'ultime responsabilisation. Tout le monde raque, en cas de succès, tout le monde croque. De plus, Daniel Miller a toujours laissé à ses poulains la plus totale liberté artistique, n'intervenant qu'à la demande du groupe. Cette musique n'est le fruit d'aucun calcul diabolique, cette image n'est pas celle d'un marketing à deux balles, tout cela vient de ces mecs, des Depeche Mode purs et, a priori, de plus en plus durs, avec tout ce que cela peut comporter d'agaçant parfois.

Judas

Le Dave Gahan de la couverture du numéro de février de Vox, tous tatouages dehors et gueule de Jésus échappé du Big Bazar, en a dépité plus d'un. Et la presse anglaise n'aurait raté ça pour rien au monde. Les propos du chanteur sur sa vie privée, passés à la moulinette NME, laissent aussi songeur: Mon père nous a laissés ma soeur et moi, quand nous étions très jeunes, dans une position très vulnérable et je viens de faire la même chose avec mon propre fils. Mais, en même temps, c'est différent. Car je suis déterminé à ce que ça marche. Je suis déterminé, au risque qu'il déteste ça, à m'imposer à lui. Je le vois la semaine prochaine, en fait. Je vais à son école, vendredi prochain, pour rencontrer ses professeurs. Et Joanne (son ex-femme) est super pour ça, elle comprend l'importance que cela a pour moi de le voir et que lui me voie. Elle est vraiment bien ! Ouaip. Inutile d'insister lourdement, mais il est clair que la presse anglaise s'est engouffrée dans cette brèche à cúur ouvert. Les plastic boys, récemment reconvertis skaï noir (et même cuir, pour Gore), sont finalement des êtres humains, comme Stéphanie de Monaco et Roxette (non, pas Roxette !), et les bouffeurs de tabloïds devraient s'en émouvoir. Les Depeche ne sont pas si glabres, ils peuvent aller pied nus, et se tatouer des croix douteuses sur les bras. Ils sont adultes. Adultes, au point que Rudy Léonet, comparse belge (pas un vautour, lui) et fin connaisseur du combo en question, me confiait, il y a peu, son étonnement quant à la perpétuation du groupe. Selon lui, et d'autres aussi éclairés, les Depeche resteraient ensemble parce que c'est la mode (j'allais pas la rater, celle-là). Il est clair qu'après la tournée 90 (huit mois on the road), l'"année sabbatique" prise par le groupe sentait, selon certaines sources, le split à plein nez. D'ailleurs, le fait que la bio stipule, avec la subtilité des Tambours du Bronx dans la petite chapelle d'Honfleur, que: "... dans les années 70, le groupe Queen (à l'instar de Depeche Mode) fut longtemps considéré comme le parfait exemple de la réunion de personnalités très différentes, très opposées dans leur vie privée, mais soudées par des intérêts professionnels, avec le succès qu'on leur connaît" laisse à penser qu'on est effectivement pas passé loin de ce qui, pour Mute, aurait vraisemblablement ressemblé à une catastrophe. Plus loin, la même bio précise que Dave est donc le chanteur (big news!), que Martin compose (grâce au ciel et à Bruno, c'est lui qui va me causer) et que les deux autres sont vachement sympas. Non, je rigole, mais franchement, qu'Alan Wilder soit intronisé "musicien" et Andrew "Fletch" Fletcher "co-ordinateur" ne manque pas de sel. On comprend bien, malgré tout, ce que ces lignes veulent vraiment dire et cette constance à vouloir étaler tant de bonne foi est finalement plutôt touchante. Même si on n'y croit jamais tout à fait. N'en reste pas moins que le nouvel album frise la perfection. Et le fait que certains fans de la première heure ne l'apprécient pas (ou pas encore) attesterait plutôt de mon subit engouement.

Walking ln My Shoes

Martin Gore au Gore Hotel. Une fois n'est pas coutume, l'hôtel choisi par Mute pour aller titiller les Depeche est cool. Désuètement british, bien rangé au sud de Kessington Gardens... Il est midi et le bar ciré s'étale dans la pénombre comme la SSL d'ICP. Une animation plutôt cool règne ici et les gens du label, tout sourire, ont l'air contents de faire leur métier. «a me rappelle... la planète Mars. On nous confirme donc que les Depeche, ça s'interviewe un par un, comme les huitres, qu'un c'est déjà beaucoup, et qu'il faudra faire avec. M'enfin, pas de problème pour moi, puisque j'ai le bon. Quant à mes collègues français, ils semblent aussi heureux de leur sort que moi, donc, direction le bar, où Mute paye sa tournée et son sandwich. Délicate attention, rare au point qu'on la note, de la part d'un des derniers labels (indépendant de surcroît) à ne pas prendre les journalistes pour des tas de merde. La démarche cotonneuse et la bière moussue, Martin se pointe vers les Frenchies, ilôt facilement repérable, et entreprend de s'asseoir près de nous. L'escalade du tabouret par sa face sud prendra un bon quart d'heure, le temps de faire connaissance et s'en recommander une petite. Well ! marmonne-t-il, lorsqu'après avoir défié les plus élémentaires lois de l'équilibre, il arrive triomphalement à notre hauteur. Qu'est-ce que vous buvez? Du thé, lui fais-je. Et l'Anglais de s'esclaffer bruyamment, au risque de dégringoler et d'avoir tout à recommencer: Ah non ! Boire, ça veut dire boire: whisky, gin, tequila... On finit, bien sûr, par capituler, et les bières se pointent quatre par quatre. Au bout d'un demi-verre, j'ai la migraine, et on vient finalement chercher Martin, qui doit se livrer à un autre avant de me subir. Pendant ce temps, on apprendra que Dave Gahan n'est pas là, ce qui peut sembler curieux au premier abord, qu'Anton Corbijn a bien évidemment réalisé le clip d' I Feel You, premier single extrait du nouvel album, et que le groupe s'apprête à repartir sur la route le plus tôt possible après ces diverses causettes.

ln Your Room

Ascenseur, moquette verte, quand j'arrive dans la suite de Martin, mon prédécesseur merde ferme avec son retardateur: agacé, le Scandinave s'évertue à déclencher à distance ce que la technologie nordique doit appeler un appareil photo. Bon gars, je me propose d'immortaliser le reporter et sa prise devant la cheminée de marbre. Sourire lavabo, il se tend comme un roseau, tandis que Martin Gore s'est affaissé doucement sous le poids de la bière et des questions molles. J'ai du mal à cadrer les deux et j'appuie un peu au hasard, à deux reprises, afin de satisfaire et calmer le journaliste, qui commence à nous les briser. Martin le raccompagne à la porte avec une petite tape dans le dos et envoie l'attaché de presse chercher des bières, des fois qu'on vienne à manquer.

Martin Gore : Tu as un bébé? OK, parlons de bébés. Il faut à tout prix que tu achètes "Winnie L'Ourson" à ton fils, c'est trop bien

La première chose que demande ma fille en se réveillant le matin, c'est de le regarder. Tu sais, elle a une petite chaise, comme tous les bébés, eh bien, on est forcés de la planter là, devant la télé, pour qu'elle mange. Et si on ne la bougeait pas de temps en temps, elle y passerait la journée.

Quelques savantes considérations sur les enfants plus tard, on se décide à parler de musique, non pas qu'on y tienne, mais on est là pour ça.

Le premier truc qui m'a relativement choqué, c'est que vous ne fassiez pas les interviews ensemble. C'est quoi, cette histoire?

En fait, on a décidé de tout faire pour que ce ne soit pas trop le bordel. Avec un groupe, si tu poses une question, les quatre types se mettent à répondre tous à la fois. Tandis que de cette façon, c'est plus facile de dialoguer, et de cerner une personnalité. C'est un compromis, mais un meilleur compromis.

Ouais, mais ça ne me fait qu'un quart de Depeche Mode, moi!

Non, je pense qu'avec ce système, les lecteurs et toi aurez plus qu'un quart du groupe. Tout ce que l'on fait, c'est toujours le reflet de nous quatre. Il est vrai qu'avec moi, parce que j'écris les chansons, on peut avoir l'impression d'en avoir un peu plus, mais le fait est que le résultat final, cet album, est quelque chose d'étonnamment démocratique.

Et se remettre à bosser ensemble, après cette longue séparation, ça n'a pas été trop dur ?

A vrai dire, plutôt, oui. Il faut du temps pour réapprendre à fonctionner correctement tous les quatre. Il faut même réapprendre à se connaître, car, en fait, on s'est un peu perdus de vue et, en plus de cela, il faut surmonter tous les changements qui ont pu intervenir dans la vie des autres. On est tous plus vieux, et tout a changé dans nos existences.

Et si on vous avait dit, il y a dix ans, que vous seriez encore ensemble en 93...

(Rires) En fait, on n'a jamais rien réellement planifié plus d'une année sur l'autre dans notre carrière, mais, à cette époque, c'était plutôt un passe-temps. On s'emmerdait, on glandait, il ne se passait rien là où on habitait, alors on a décidé de faire un groupe, puis quelques concerts, pour se marrer. Et comme ça a marché, on a continué. Et le jour où ça nous gonflera, on arrêtera.

Mais n'est-ce pas toujours une sorte de passe-temps?

Si, absolument, nous sommes passionnés par ce que nous faisons, nous adorons faire de la musique ensemble, et ce n'est pas quelque chose qu'on nous force à faire. Nous essayons de délivrer régulièrement des úuvres d'art, rien de plus.

Arrivent des boissons et j'essaye d'expliquer que je préfère m'en tenir au café.

Pas question, tu es musicien, tu es un collègue, on boit ensemble pour fêter ça! (S'adressant à l'attaché de presse) Si j'étais toi, je commencerais à flipper, on va être sérieusement entamés tout à l'heure. Yark, yark, yark!

Affirmatif. Je commence à avoir méchamment mal à la tête et je voudrais bien avoir des petites statuettes des rédac' chefs et quelques aiguilles. Mais, heureusement, Martin Gore se révèle adorablement intéressant et j'oublie vite mes fausses rancúurs.

As-tu du feu? Non content de boire comme un tunnel sous la Manche, Martin fume comme un pompier. . .

J'ai ces allumettes "Erasure" que j'ai piquées chez Mute...

Ah bon? OK, j'ai plus envie de fumer (rires)! Hé Vince, c'est une blague, une blague: j'espère que ça te fera rire. Yark, yark! Pendant que je cherche du feu dans mon sac, Martin fouille dedans lui aussi et en extirpe les quelques disques qui s'y trouvent. Putain, tu aimes Donovan? C'est dingue! Tu aimes le folk?

Non m'sieur,j'en ai rien à battre du folk, mais j'aime les bonnes chansons.

Oui, moi aussi.

J'aime beaucoup "See you", par exemple, Une des premières que tu aies écrites pour le groupe, si je ne m'abuse (face A du quatrième single, en 82, juste après le départ de Vince Clarke).

C'est vrai, mais pour moi ce n'est qu'un truc très commercial, une de mes toutes premières compositions, en fait...

Peut-être, mais c'est néanmoins une super chanson et Donovan aussi en a écrit un paquet...

C'est sûr, tu as raison. J'ai personnellement acheté un CD des Chordettes la semaine dernière. Tu te souviens ?.. (il se met à chanter "Mr Sandman")

Je trouve qu'il est relativement sain d'avoir des goûts disparates...

Tout à fait, ma ,collection de disques est extrêmement variée...

En France, c'est dangereux, car les gens se balancent des étiquettes à la gueule en permanence !

Ce qui m'a toujours sidéré, avec la France, c'est que, du jour au lendemain, ils peuvent t'aduler ou te traîner dans la boue, comme si de rien n'était.

Je pense que ça ne risque pas de vous arriver...

Quand bien même, j'en ai rien à battre, rien à battre!

En France, votre public est très jeune, et c'est le meilleur des publics.

C'est vrai que les kids sont terriblement passionnés. Quand j'étais jeune, je n'avais pas un rond, mais je conservais le moindre centime pour pouvoir m'acheter des disques et je les jouais jusqu'à la mort. En vieillissant, c'est toujours important, les disques, mais ce n'est plus la chose la plus importante du monde. Et c'est aussi pour ça que j'adore écrire des chansons, car c'est ce qui permet de communiquer avec eux, les mômes. En arrivant à l'aéroport de Tokyo, l'autre jour, il y avait toute une bande de gosses qui avaient l'air bouleversés de me rencontrer, simplement car j'avais dû les émouvoir à travers des chansons, c'était fabuleux.

Et que dirais-tu à ceux qui vous reprochent d'être un poil tristes?

Notre musique n'est jamais triste, ni dépressive. Ceux qui pensent cela sont à côté de la plaque. Elle est juste réaliste, et reflète avant tout la vie. Si nos chansons sont toutes basées sur des accords mineurs, c'est parce que la vie est mineure. Mais à l'écoute des textes, on se rend compte qu'au bout du tunnel, il y a toujours de la lumière. Les chansons qui font "Je t'aime, tu m'aimes, c'est formidable" ne sont pas authentiques...

Mais ne penses-tu pas que parfois, les gens ont envie d'écouter des chansons qui, justement, ne ressemblent pas à leur vie, qui les emmènent ailleurs?

Peut-être, mais je ne sais pas si elles resteront. Ils les entendent à la radio, achètent éventuellement le disque pour l'écouter chez eux, mais je doute que ce genre de chanson les touche véritablement. A chaque fois que je fais une fête, je peux être sûr que je vais être le dernier à rester debout près de la platine, vraisemblablement saoul, à passer des disques en disant: "Attendez, il faut à tout prix que vous écoutiez ça !". Mais ce sont toujours des chansons tristes...

Martin Gore se sent bien et moi aussi. La conversation continue, s'insinue entre les verres de bières, s'arrête près de mon magnéto, repart de plus belle. On parle politique, management, bon sens tout ça sous la forme d'un formidable bric-à-brac, tandis que les pâles lueurs de cette journée anglaise s'enfuient derrière les carreaux.

On n'a vraiment jamais pensé être des pop stars. Tout ça nous épuise. On fait le moins de promo, le moins d'interviews possible. Il n'y a rien de plus chiant que de se faire cuisiner à propos d'une chanson. Si j'ai un truc à exprimer, c'est dedans, y'a pas grand chose à rajouter. Moi, tout ce que je peux dire, c'est que j'ai fait mon boulot. Cette chanson, si elle ne vous plaît pas, aller vous faire mettre (rires) !

A mon avis, cela va à nouveau marcher, au point que tu n'auras pas besoin de dire ça ("Fuck You !"), ou alors pour le plaisir.

T'as raison, je le dirai rien que pour le fun: fuck you, fuck... You!

Sur ces bonnes paroles, risquant sa tête à la porte de la suite, l'attaché de presse vient constater l'étendue des dégâts. Du même coup, Martin se souvient qu'il a soif et propose qu'on aille s'en jeter un en bas. Au bout de trois pas dans le couloir, il s'arrête brusquement et m'attrape le bras.

Hé, c'est quoi ce groupe français, là, In... Indo.. .j'sais pas trop quoi, tu les connais?

(Le sentant venir) Euh... Indochine?

C'est quoi ce délire? L'autre, il a fait un album solo, comme moi! Attends, c'est pas tout, il paraît qu'il a fait la même reprise des Sparks que moi ! C'est dingue, les Sparks ont écrit des dizaines de super chansons, faut qu'il reprenne la même... merde! Indo-quoi, tu dis?

Condemnation

Bien élevé, Martin me fait un geste de la main alors que mon taxi m'attend, avant de tanguer dangeureusement en direction du bar. Sans moi, mec, une de plus et je rate Victoria. Je ne sais pas comment sont les autres, mais je connais maintenant celui-là et j'en suis fier. Il est bien plus qu'un quart du groupe, je suis prêt à le jurer. Dans le taxi qui m'emmène à la gare, je le revois sur le divan de l'hôtel, m'expliquant sa philosophie de la vie: L'amour et le sexe élevés au rang de religion. Sacré Martin. Never Turn You Back On Mother Earth.

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